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Yang Tse Kiang

Appareillage d'Itchang, la ville de départ pour les gorges du Yangtsé.

Entre Itchang et Tchongking (600 kms), il était d'usage de retenir pour leur importance, trois gorges principales: Itchang (22 kms), Wushan (43 kms) et la Gorge de la "boite à vent" (8 kms). Soixante douze rapides étaient recensés, les principaux concentrés sur une distance de 200 kms en amont d'Itchang.

 

Un coin en eau profonde, dans la gorge de Itchang sur le Haut Yangtsé.

 

 

Navigation sous le vent, dans la gorge de Itchang, sur le Haut Yangtsé.

 

Négociant un méandre dans la gorge de Itchang, sur le Haut Yangtsé.

 

Nan-Tou, un coin pittoresque des gorges de Itchang, sur le Haut Yangtsé.

 

Ping-shan-pa, barrière douanière chinoise dans la gorge de Itchang, sur le Haut Yangtsé.

 

Un Hong-Chuan (sampan rouge). Ces embarcations, au mouillage dans les rapides et aux passages dangereux le long de la rive, contribuaient à sauver de nombreuses vies, chaque année, sur le Haut Yangtsé.

"Ces jonques diffé rentes très sensiblement de celles que nous avons rencontrées jusqu'ici. Leur métier est infiniment plus dur; elles ont été construites en conséquence. Elles sont plus massives, plus lourdement charpentées; leur château d'arrière est moins élevé: le barreur doit pouvoir voir par dessus. Elles n'ont en général, qu'un mât rabattable. Sa plus grande utilité est de fournir un point d'attache pour le halage à la cordelle..." 

Extraits de la Chine du Yang-Tse de R. de Meurville, ancien commandant de la flottille du Yangtsé.

NDT: Les sampans rouges dépendaient de l'organisation des douanes maritimes chinoises. Ils se positionnaient en aval des rapides et, leur couleur rouge, permettait de les distinguer facilement. Au début des années 1900, une cinquantaine de sampans rouges étaient en service dans les endroits stratégiques de grands dangers. Ils étaient manoeuvrés par 3 ou 4 marins expérimentés, rémunérés 6 pences par jour de service, avec en prime, 1000 cash par vie sauvée et 800 cash pour le repêchage d'un noyé. D'après le Dr F. Legendre, dans son livre "Deux années au Setchouen", ces hommes étaient là pour sauver les gens, non les marchandises. Il était inscrit sur leur vareuse: Kieou jen, pou kieou hô (sauver les hommes, pas les marchandises).

D'après Cornell Plant, dans son livre "Glimpses of the Yangtze Gorges", cet accompagnement au voyage apportait le meilleur confort et ne coûtait guère cher, 500 cash par jour. Si, en complément, vous offriez à l'équipage, pour son repas, un morceau de viande de porc, vous aviez les meilleurs chances de vous en sortir. L'auteur rapporte, que selon les chinois, les pertes humaines entre Itchang et Tchongking, s'élèveraient à 1000, en moyenne annuellement. Selon son expérience et le peu d'intérêt porté à l'époque par les chinois sur les vies humaine, ce chiffre serait sous-estimé.

 

Un aperçu du Mi-Tsang-Hsia, "la gorge en grain de riz", depuis les rapides du Sin Tan

D'après l'opuscule "Excelsior" compilé par Charon en 1934: "Une fois passé le rapide Hsin T'an, nous entrons dans la courte, mais impressionnante gorge Mitsanghsia (Gorge en Grain de Riz). Les jonques passent un mauvais moment ici quand il n'y a pas de vent, les parois de la gorge sont trop escarpées pour permettre de tailler des chemin de halage dans la falaise."

" Les sept miles suivants, le Fleuve présente peu d'intérêt. Quelques rapides insignifiants avant d'atteindre à tribord, Kwei-Tchéou, une ville fortifiée pittoresque...Puis, nous arrivons au rapide Yeh T'an, une saloperie de rapide quand il est dans ses plus mauvais jours."

 

Kwin-Tse-Ko - Notez les rouleaux de pierre sur la partie supérieure de la falaise, sur lesquels glissent les câbles de bambou tressé, long de 600 yards, sur le Haut Yangtsé.

 

Jonques attendant leur tour pour  remonter le rapide Ye-Tan

 

"Je regarde passer plusieurs jonques. En aval de la pointe de cailloux roulés, s'étend un espace d'eau tranquille où elles attendent leur tour de passage et s'amarrent pour disposer les câbles en bambou tressé qui leur servent à se haler... Les aussières en acier sont lourdes et, à l'inverse des câbles en bambou des jonques, elles coulent au fond, ce qui présente le grave inconvénient de leur permettre de s'accrocher dans les roches pointues et hérissées."

 

Extraits du livre de Hourst "Dans les rapides du fleuve bleu"

Voir aussi l'album de photos sur la remontée du rapide Ye-Tan par la première canonnière française Olry

 

Niu-Kau-Tan, "rapide de la gueule de boeuf". Les jonques paient leur contribution à la préparation des aussières en bambou, leur permettant d'être halée au-delà du rapide.

D'après l'opuscule "Excelsior" compilé par Charon en 1934: "Entre le Ye-T'an et la ville de Patung, il y a plusieurs rapides d'importances moyennes. Les deux plus intéressants sont le Ta Pa Tou T'an ,"rapide des 8 grosses étoiles", et le Niu Kou T'an "rapide de la gueule de boeuf"

 

Des rescapés d'un naufrage, une scène fréquente et peu agréable qui frappe la vue du voyageur sur le Haut Yangsté.

 

Pleines eaux dans l'impressionnante gorge de Wushan. La vitesse et les tourbillons du courant rendent la navigation extrêmement dangereuse aux pleines eaux, sur le Haut Yangtsé.

 

Hsia-Nia-Tan, le rapide du cheval sauvage, le premier rapide rencontré après Wushan, sur le Haut Yangtsé.

 

Embarcations brisées, renversées, empilées dans les gorges de Wushan, sur le Haut Yangsté.

"En tout temps, la descente des rapides est beaucoup plus délicate que la remontée. L'eau vous emporte et complique par sa vitesse, une situation déjà peu facile. Aussi, quand deux navires se rencontrent devant un rapide, celui qui descend a automatiquement la priorité. Au Sin-T'an, la première brèche franchie ne l'est jamais que de justesse. Et il faut instantanément tourner sur la gauche avec une précision impeccable. Si vous aviez envie de vous sentir négligent, une vieille carcasse de fer à votre droite vous rappellerait le danger de la moindre erreur d'appréciation, de la plus petite seconde d'indécision. Cette ruine a été un beau paquebot, tout pareil à celui qui vous porte. Il a un jour manqué son tournant d'une fraction..." 

Extraits de la Chine du Yang-Tse de R. de Meurville, ancien commandant de la flottille du Yangtsé.

 

"La canonnière française Olry, en route vers Chungking, elle remonte les rapides à l'aide de longues aussières d'acier et de son treuil à vapeur, sur le Haut Yangtse".

 

Hei-Shih-Tan, le rapide des rochers noirs, sur le Haut Yangtsé -

Fong-Hsiang-Tan dite gorge de "la boîte à vent", intéressante et la plus pittoresque des gorges avant Tchongking

 

"La canonnière britannique Kinsha, à l'origine S.S."Pioneer" en route pour Chungking et mouillée à l'abri pour passer la nuit, sur le Haut Yangtse."

 

Canonnière chinoise et habitations flottantes sur le Haut Yangtsé.

 

"Les mariniers y passent leur existence entière. Bien des familles habitent la même embarcation depuis des générations, allant d'un ville à l'autre porter des sacs de riz". D'après La Chine de M. Percheron